A la une
SOMME > MOREUIL - Vent debout expose ses arguments PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 28 Juin 2011 00:00

Les membres hostiles au projet éolien ont déposé un recours au tribunal administratif. Ils ont construit leur argumentaire à partir de deux rapports «défavorables» de l'État.

On les a laissés début mai plus remontés que jamais, quelques semaines après l'accord donné par le préfet pour l'installation de dix éoliennes sur le canton. On les retrouve confiants. Toujours en colère mais sereins. Et pour cause: ils ont en leur possession des arguments de poids.

Aidés d'un avocat, ils ont déposé le 31mai au tribunal administratif un dossier de 115 points et d'une quarantaine de pages contre ce projet éolien. Alain Bouton, le président, pose des feuilles devant lui.

Assis autour de la table, avec d'autres membres, il explique qu'il a reçu les rapports de la direction régionale des affaires culturelles de Picardie et du ministère de l'Écologie: tous deux émettent un avis défavorable à l'implantation des aérogénérateurs.

La Drac estime «que le projet est de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains, ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales».

Le ministère invoque quant à lui «des insuffisances de l'étude d'impact», «l'absence d'incidence sur le site Natura 2000 Tourbière et marais de l'Avre», «l'impact paysager important sur le cadre de vie des habitants» et «l'impact important sur les oiseaux, avec un effet de coupure d'un axe de migration».

Pour Alain Bouton, au vu de ces éléments, le projet éolien ne peut qu'être annulé. «On a de grandes chances d'aboutir. Sinon, ce serait désespérer de tout. Notre dossier ne repose pas sur du vent. Si le projet passe, on est en droit de se demander ou est la démocratie et le respecte des lois?»

Les membres de l'association n'ont pas de mot tendre avec le préfet Michel Delpuech. Ils lui reprochent de «s'asseoir sur un tas de procédures». Ils assènent que le représentant de l'État était en possession de ces documents au moment d'accorder le permis de construire, fin mars, et qu'il a fait l'autruche.

Parce qu'ils veulent éviter d'avoir recours à la justice pour se défendre, ils lui ont envoyé un courrier, lui demandant d'annuler le projet. «Si de lui-même, il retire le projet, le procès n'a pas de lieu d'être», insiste Jean-François Maquigny, le secrétaire.

Le préfet, lui, répond que «le cap sera tenu. La Somme représente la moitié du parc éolien de la Picardie. À l'heure actuelle, les sites favorables montent en puissance».

Quant aux deux documents présentés par l'association, le sous-préfet Bernard Florin est dubitatif. Car les avis de ces deux institutions ne sont pas conformes, donc uniquement consultatifs.

«C'est un argument, il n'est pas illégitime que ces avis soient défavorables, mais on peut s'en écarter. Et il n'est pas prouvé que les espèces soient particulièrement menacées par les éoliennes, on doit justifier le lien de cause à effet.» Rendez-vous au tribunal.