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OISE > NOYON - Ultime chance de consensus sur les éoliennes PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 10 Décembre 2010 00:00

Un huis clos doit réunir les maires pro et anti éoliennes, mardi, en pleine polémique sur l'éventuel maintien des projets de désormais onze aérogénérateurs à Guiscard et Golancourt. Le Pays noyonnais est accusé de les vouloir pour abonder son budget.

Les éoliennes du Noyonnais vont-elles finalement sortir de terre ? Voilà tout l'enjeu d'un huis clos prévu mardi, à Passel, entre les « pro » et les « anti ». Le siège de la communauté de communes s'apprête à réunir pour la première fois les maires dont les avis s'opposent et sèment la polémique depuis le vote du projet, en 2007.

À l'issue, peut-être un choix : soit les onze mâts prévus (19 au départ) sont entérinés, soit le processus est stoppé. C'est bien cette seconde hypothèse que défend Joël Cottard, maire de Berlancourt et président-militant de l'association Mirage éolien : il s'oppose à l'arrivée de cinq éoliennes à Guiscard et à cinq des six engins (dont un seul validé par le préfet) que Golancourt souhaite voir construire sur son territoire. À moins que...

« Un rejet de plus en plus fort »

Deux épées de Damoclès sont désormais pendues au-dessus du dossier. Primo, le nouveau maire de Guiscard (depuis juin), Thibault Delavenne, passe pour un opposant au projet, à l'inverse de son prédécesseur, Jean-Louis Coqset. « J'ai un avis personnel, mais je ne veux pas l'exprimer, confie le jeune édile. Je ne souhaite le faire qu'au nom du conseil municipal, lorsque celui-ci en aura à nouveau débattu. » Rien ne dit, par conséquent, que les éoliennes envisagées à l'est de la commune sont toujours désirées à la majorité.

Secondo, une condition est émise par le premier magistrat de Golancourt, Alain Carrière, pour signer un éventuel permis de construire déposé par la société Maïa Eolis : « Avec la taxe professionnelle unique (TPU), les retombées économiques iront à la communauté de communes. Moi, cela m'intéresse seulement si un reversement de sa part au village est voté. »

Joël Cottard, lui, envisage tous les scénarios, même celui qui verrait sa commune saisir le tribunal administratif d'Amiens « avant fin décembre » : « Il y a un rejet de plus en plus important du projet. Voilà pourquoi j'ai demandé un vote en conseil communautaire. Si nous sommes mis en minorité, j'acterai... » Son voisin Alain Carrière ne s'en émeut pas : lui-même était opposé au parc éolien de Brouchy-Villeselve, mis en marche en 2008. « Nous n'avons aucune retombée, pour nous le mal est déjà fait. Je me mets à la place de Joël Cottard, ayant eu à l'époque la même position que lui. Mais il a toujours dit vouloir éviter que sa commune soit encerclée. Si le projet n'aboutit pas à Guiscard, peut-être que le nôtre se fera... »

La manne financière à la clé - argument qui avait poussé le Pays noyonnais à présenter à la préfecture sa proposition de zone de développement éolien (ZDE) -, suscite un commentaire sarcastique : celui d'Alexandre Cavé, candidat aux cantonales à Guiscard. « Le principal est qu'il y ait un consensus et que la communauté de communes le prenne en considération. Mais j'y perds mon latin : j'espère que le Pays noyonnais ne cherche pas là une solution pour abonder son budget. »

Ni le président, Patrick Deguise, ni le conseiller général concerné, Gérard Lecomte, n'ont jusque-là écarté l'idée d'un débat. Le premier nommé avait même reçu un courrier des maires contestataires. « J'ai été interpellé, dont acte. Si les élus n'adhèrent pas, je respecterai. Mais ils me semblent être dans l'ensemble plutôt favorables, estime le maire de Noyon. Il faut que l'on se mette bien en phase. » À quitte ou double.